Le 3 septembre 2026, les conteneurs de bœuf et de volaille brésiliens ont cessé d’entrer dans l’Union européenne. Deux mois plus tard, la porte reste fermée pour le bœuf. Elle s’entrouvre pour la volaille et le miel. La Commission européenne a annoncé le 21 octobre, selon le site spécialisé The Poultry Site citant Reuters, son intention de proposer la réinscription du Brésil pour ces deux produits. Les États membres doivent encore voter. Pour la viande bovine, la Commission est nette : le Brésil n’est pas encore en mesure de certifier de façon fiable le respect des exigences sur toute la vie des animaux, et aucune proposition de réinscription n’est prévue.
Une affaire de registres, pas de lots contaminés
La décision du 31 août 2026 repose sur les règles européennes contre l’usage abusif des antibiotiques en élevage. Interdiction d’utiliser des antimicrobiens pour accélérer la croissance, interdiction de traiter les animaux avec des molécules réservées à la médecine humaine. Le Brésil avait été retiré en mai de la liste des pays conformes, par un vote unanime des experts des États membres rapporté par Euronews le 13 mai. Selon la Commission, aucun lot contaminé n’a été trouvé : c’est la documentation du suivi des animaux qui fait défaut. L’audit des filières volaille et miel, mené du 24 août au 4 septembre par la direction générale de la Santé, a conclu que le système brésilien pouvait fournir les garanties exigées. Pour le bœuf, aucun audit n’était programmé début septembre, d’après Que Choisir. André Bartocci, président de la Câmara Setorial da Carne Bovina, organe consultatif du ministère brésilien de l’Agriculture, estimait dès août que les exportations de bœuf vers l’Union ne reprendraient pas avant 2028, le temps d’élever des animaux entièrement sous protocole européen.
Ce que JBS perd
Le Brésil était en 2025 le deuxième fournisseur de bœuf de l’Union, avec plus de 92 000 tonnes pour 713 millions d’euros. JBS, Marfrig, Minerva et BRF sont les groupes les plus exposés au marché européen, selon Suno Notícias. L’Europe pesait environ 7 % des exportations de JBS en 2024. Les analystes cités par le Latin Times jugent le choc gérable à court terme, mais rappellent que l’Europe paie une prime pour des découpes nobles difficiles à replacer ailleurs. Le gouvernement brésilien a exprimé sa « profonde préoccupation » dès le 3 septembre et se réserve des mesures de réciprocité, selon le communiqué conjoint des ministères des Affaires étrangères et de l’Agriculture rapporté par l’agence Belga.
Et dans les rayons français ?
L’effet est faible. Sur 260 000 tonnes de bœuf importées par la France en 2025, environ 1 500 tonnes venaient du Brésil, selon Sud Radio. Que Choisir avance 1 800 tonnes. Pour le poulet, 4 000 tonnes brésiliennes sur 700 000 tonnes importées. La France achète avant tout en Europe. La Fédération nationale bovine a salué la suspension. Son président Patrick Bénézit demande des garanties sur la durée et l’arrêt définitif de l’accord avec le Mercosur, a rapporté Pleinchamp le 1er septembre.