Depuis le 28 février 2026 et les premières frappes israélo-américaines, l’Iran verrouille le détroit d’Ormuz et frappe les navires qui le franchissent sans son accord. Huit mois plus tard, lundi 2 novembre, Téhéran a fait savoir qu’il pouvait rouvrir le passage en deux jours, au lieu des sept prévus dans le plan présenté en septembre via le Qatar. Les conditions ne changent pas : cessez-le-feu sur tous les fronts régionaux, dégel des avoirs à l’étranger, levée des sanctions pétrolières, fin du blocus naval américain. Le chef de la diplomatie Abbas Araghchi y a ajouté l’acceptation par Washington du nouvel itinéraire convenu avec Oman. Le Qatar et le Pakistan servent de médiateurs. Le président Massoud Pezeshkian a indiqué que le guide suprême avait « conféré certains pouvoirs au gouvernement » pour négocier.
Trump : « L’Iran veut un accord »
Le week-end précédent, Donald Trump menaçait encore d’un « coup de massue ». Lundi, sur Truth Social, il a changé de ton : « L’Iran veut un accord, aussi rapidement que possible. Cela pourrait arriver ! » Interrogé sur une reprise des frappes après les élections, il a répondu « Non ». Le vice-président JD Vance se dit « plutôt optimiste ». Selon le Wall Street Journal, les États-Unis ont pourtant frappé lundi l’île iranienne de Qeshm dans le cadre d’opérations limitées non annoncées. Les marchés ont retenu la détente : le Brent a chuté de 7,64 % à 104,77 dollars, contre environ 70 dollars avant la guerre. Pour l’analyste Arne Lohmann Rasmussen (Global Risk Management), « les signaux diplomatiques pourraient être tactiques » à la veille d’un scrutin où la guerre et le prix des carburants pèsent sur le camp républicain.
Midterms : la Chambre promise aux démocrates
Mardi 3 novembre, quelque 250 millions d’Américains sont appelés à renouveler les 435 sièges de la Chambre des représentants et 35 des 100 sièges du Sénat ; 48 millions ont déjà voté par anticipation. Les républicains détiennent 219 sièges à la Chambre contre 214 aux démocrates, et 53 au Sénat contre 45, plus deux indépendants. L’agrégateur RealClearPolitics donne aux démocrates au moins 227 sièges à la Chambre, la majorité étant à 218. Le Sénat se jouera au Texas, au Kansas, dans le Maine, en Alaska et dans l’Ohio. Donald Trump a promis de respecter un résultat « honnête » et de devenir « Mr Veto ». Pour Romuald Sciora (IRIS), une contestation est « très probable ». Les résultats sont attendus mercredi matin, heure de Paris.
Ukraine : rendez-vous à Abou Dhabi
L’émissaire américain Steve Witkoff a annoncé des négociations entre Moscou et Kiev les 10 et 11 novembre à Abou Dhabi, sous médiation américaine, sur les garanties de sécurité d’après-guerre, la désescalade et l’aide humanitaire, rapporte Le Monde. Au même moment, des bombardements russes dans l’oblast de Zaporijia ont fait au moins 26 morts. Pour la France, la séquence compte doublement : le prix des carburants, qui a nourri la colère contre la vie chère, dépend d’Ormuz, et la position américaine sur l’Ukraine conditionne l’effort de défense européen. Pour les Brésiliens de France, un baril durablement moins cher se répercute, avec retard, sur les surcharges carburant des billets vers le Brésil et sur la facture à la pompe.