3 novembre 2026

France

Diesel à 1 % des ventes en octobre : la fin d’une époque pour l’automobile française

Sur 149 341 voitures neuves immatriculées en octobre, à peine 2 034 roulaient au gazole, selon AAA Data. L'électrique atteint 41 % du marché, dopé par le leasing social et une fiscalité qui écrase les moteurs thermiques.

Photo : Pixabay / photoeightyeight

En 2012, sept voitures neuves sur dix vendues en France roulaient au gazole. En octobre 2026, une sur cent. Les chiffres publiés le 1er novembre par la Plateforme automobile (PFA) et le cabinet AAA Data marquent une bascule historique : 2 034 voitures diesel immatriculées dans le mois, en recul de 65 % sur un an, soit 1 % d’un marché de 149 341 voitures particulières neuves (+7 %). Les hybrides représentent 44 % des ventes, l’électrique 41 %, l’essence 10 %.

Une chute organisée par la fiscalité

Le diesel n’est pas mort de sa belle mort. Il a été poussé vers la sortie par une décennie de décisions publiques : alignement progressif de la fiscalité du gazole sur celle de l’essence, malus CO2 qui s’applique désormais dès 108 grammes par kilomètre, malus au poids dès 1 500 kilos, et un prix à la pompe d’environ 2,30 euros le litre en octobre, contre 2,12 euros pour le SP95-E10, conséquence de la guerre au Moyen-Orient. Sur les dix premiers mois de l’année, 31 159 diesels ont trouvé preneur, moitié moins qu’en 2025, pour une part de marché de 2,3 % contre 4,9 % l’an dernier. Le GPL, avec 47 451 immatriculations, fait désormais mieux que le gazole.

À l’inverse, l’électrique a franchi un cap : 61 958 immatriculations en octobre (+85 %), 449 303 depuis janvier, soit 32,5 % du marché contre 18,9 % un an plus tôt. Chez les particuliers, 45 % des achats du mois sont électriques. Les trois modèles les plus vendus sont français : Renault Twingo (4 747), Renault 5 (4 666) et Peugeot e-208 (3 221). Marie-Laure Nivot, responsable de l’analyse du marché automobile chez AAA Data, voit dans ce mois d’octobre la confirmation d’une transformation profonde du mix énergétique.

Un marché sous perfusion publique

Cette performance a un coût pour le contribuable. Le leasing social, relancé le 16 juillet avec 50 000 voitures électriques à 200 euros par mois maximum, mobilise une enveloppe publique de 401 millions d’euros. Les certificats d’économies d’énergie financent jusqu’à 5 700 euros par véhicule pour les ménages modestes. Les Échos signalent que le dispositif pourrait être épuisé avant d’atteindre les 50 000 contrats. La question que le gouvernement évite : que se passera-t-il quand les aides s’arrêteront ? Six particuliers sur dix louent désormais leur voiture plutôt que de l’acheter.

Côté constructeurs, Stellantis progresse de 2,8 % avec 36 901 voitures, porté par Citroën (+11,4 %) et Fiat (+28,8 %), tandis que Peugeot recule de 2 %. Le groupe Renault cède 4,1 % à 34 730 unités, la marque Dacia décrochant de 23,8 %. Tesla rebondit de 35,2 % avec 2 410 voitures. Les marques étrangères détiennent 52 % du marché. Le parc roulant compte encore 18,4 millions de voitures diesel, et sur le marché de l’occasion le gazole reste très présent malgré un recul de 16,9 % des transactions.

Ce que cela change pour les Brésiliens de France

Au Brésil, le diesel est réservé aux camions et aux pick-up, et la voiture particulière roule au flex, essence ou éthanol. Un Brésilien arrivant en France n’a donc aucune raison d’acheter un diesel neuf, et la décote accélérée des diesels d’occasion rend ce choix risqué à la revente. Pour un ménage modeste, le leasing social à 200 euros par mois est une opportunité réelle, à condition de remplir les critères de revenus et de distance domicile-travail. Pour les travailleurs du bâtiment et de la livraison, la fin du diesel dans les utilitaires n’est pas pour tout de suite : les véhicules utilitaires légers reculent de 13 % mais restent très majoritairement thermiques.