3 novembre 2026

France

CAC 40 à 8 048 points : le pétrole plonge, Washington et Téhéran se reparlent

La Bourse de Paris a gagné 0,98 % lundi, portée par un recul de près de 9 % des cours du brut après des informations sur une reprise des négociations américano-iraniennes. Les élections de mi-mandat aux États-Unis se tiennent ce mardi.

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8 047,69 points. Le CAC 40 a terminé la séance de lundi 2 novembre en hausse de 0,98 % et repasse au-dessus du seuil symbolique des 8 000 points, qu’il avait perdu vendredi (7 969,42 points). Le moteur de la hausse se trouve loin de Paris : les cours du pétrole ont chuté de près de 9 % dans la journée. Le Brent est retombé sous 105 dollars le baril et le WTI sous 97 dollars, après des informations de presse selon lesquelles Donald Trump privilégierait la diplomatie à de nouvelles frappes contre l’Iran.

Le téléphone de Trump

Selon le média américain Axios, le président des États-Unis aurait indiqué au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, lors d’un appel dimanche, qu’il souhaitait laisser les négociations avec Téhéran suivre leur cours plutôt que de frapper l’Iran juste après les élections américaines. Les pourparlers se poursuivent sous médiation qatarie. L’Iran, de son côté, juge les consultations « intenses » et se dit prêt à rouvrir le détroit d’Ormuz en deux jours au lieu de sept, sous conditions. Le président iranien Massoud Pezeshkian a indiqué que le guide suprême Mojtaba Khamenei avait délégué certains pouvoirs au gouvernement. « Les marchés veulent croire à une amélioration de la situation au Moyen-Orient », résume Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marchés chez IG France.

Les valeurs les plus sensibles au prix de l’énergie ont bondi : Air France-KLM gagne 4,82 % à 10,88 euros, Saint-Gobain 3,71 %, ArcelorMittal 3,54 %, Accor 2,55 % et Stellantis 2,38 %. TotalEnergies cède logiquement 2,13 % à 83,61 euros. L’euro reprend 0,4 % face au dollar, à 1,1199 dollar. À Wall Street, le Nasdaq a rebondi de 0,8 %, le Dow Jones de 1 % et le S&P 500 de 0,7 % après une fin de semaine difficile pour la technologie.

Deux chutes et une élection

La séance a aussi eu ses victimes. Alstom s’est effondré de 26,09 % à 11,68 euros après un deuxième avertissement sur résultats. Euronext, l’opérateur de la Bourse de Paris, a perdu 3,49 % à 171,40 euros après l’annonce du départ de son directeur général Stéphane Boujnah en mai 2027 et de son remplacement par David Knibbe, venu de l’assureur néerlandais NN Group. Le fabricant de serveurs 2CRSi a plongé de 38 % : son commissaire aux comptes n’a pas pu certifier ses comptes.

L’attention se tourne maintenant vers les États-Unis, où les électeurs renouvellent ce mardi 3 novembre les 435 sièges de la Chambre des représentants et 35 sièges du Sénat. Deutsche Bank estime que les démocrates sont bien placés pour gagner les trois sièges qui leur manquent à la Chambre. La course au Sénat paraît plus serrée et le dépouillement pourrait durer plusieurs jours. Seth Meyer, chez Janus Henderson, juge qu’un retour au partage du pouvoir créerait une impasse à court terme sans être forcément défavorable aux marchés. Suivront l’inflation de la zone euro mercredi, la décision de la Banque d’Angleterre jeudi et le rapport sur l’emploi américain vendredi, après seulement 29 000 créations de postes en septembre.

Ce que cela change pour les Brésiliens de France

Un pétrole moins cher, c’est une bonne nouvelle pour le plein, le chauffage et l’inflation française, montée à 3,4 % en octobre. Pour le Brésil, grand producteur de brut via Petrobras, c’est l’inverse : moins de recettes d’exportation et de royalties pour l’État. Le real, qui a perdu environ 9 % face au dollar la semaine suivant la réélection de Lula, reste sous pression à la veille de la réunion du Copom du 4 novembre, où le marché se divise entre un maintien de la Selic à 13,75 % et une baisse à 13,50 %. Un euro ferme face au dollar favorise ceux qui envoient de l’argent au Brésil.