23 899 580 000 dollars. C’est le chiffre d’affaires net de JBS N.V. au deuxième trimestre 2026, selon le formulaire 10-Q déposé auprès de la Securities and Exchange Commission le 10 août 2026. Un an plus tôt, le groupe affichait 21 milliards. Mais le résultat net attribuable aux actionnaires est passé d’un bénéfice de 528 millions de dollars à une perte de 102 millions. L’EBITDA ajusté recule de 1,75 à 1,43 milliard. Le groupe a pourtant versé 1,04 milliard de dollars de dividendes au premier semestre, soit un dollar par action, payé le 17 juin.
Six segments, un maillon faible
Le 10-Q détaille six segments. Beef North America réalise les ventes les plus élevées, 7,77 milliards de dollars, mais un EBITDA ajusté négatif de 78 millions, après une perte de 233 millions un an plus tôt : le cycle du bétail américain pèse. Pilgrim’s Pride, la volaille américaine et européenne, reste le premier contributeur avec 503 millions d’EBITDA, en baisse de 38 %. Seara, volaille et plats préparés brésiliens, dégage 380 millions ; le segment Brazil, le bœuf, 269 millions ; Australia 231 millions ; Pork USA 117 millions, contre 254 millions un an plus tôt. La croissance des ventes vient du Brésil (+28 %) et de l’Australie (+30 %).
Dette, trésorerie, provisions
Les emprunts et financements atteignent 22,65 milliards de dollars au 30 juin 2026, contre 21,09 milliards fin 2025, dont 19,1 milliards d’obligations. La trésorerie a fondu de 4,57 à 3,47 milliards en six mois. Les capitaux propres s’établissent à 9,06 milliards pour 45,8 milliards d’actifs. Le groupe indique respecter l’ensemble de ses covenants bancaires. Les provisions pour procédures judiciaires s’élèvent à 444 millions de dollars : 223 millions au Brésil (dossiers sociaux, civils, fiscaux) et 220 millions aux États-Unis. Les accords antitrust conclus par JBS USA et ses filiales ont coûté 133 millions sur le seul trimestre, 157 millions sur le semestre. Le rapport chiffre aussi à 24 millions la fermeture définitive des usines de Memphis, Souderton et Chattanooga.
Ce que le 10-Q ne mesure pas
Le rapport a été arrêté au 30 juin et déposé le 10 août. Il ne pouvait pas intégrer la suspension européenne du 3 septembre 2026, qui ferme un marché pesant environ 7 % des exportations du groupe en 2024, ni la suspension par la Chine, fin mai, du bœuf d’un site JBS pour progestérone, rapportée par Reuters. Les facteurs de risque du document mentionnent, en termes généraux, le risque réputationnel lié aux procédures civiles et pénales visant les actionnaires de contrôle aux États-Unis et au Brésil. Ces actionnaires de contrôle ultimes sont nommés : Joesley et Wesley Mendonça Batista. La structure à deux classes d’actions (776 millions d’actions A, 295 millions d’actions B à droits de vote multiples) leur assure, selon le rapport du CR451 de l’École de Guerre Économique, environ 85 % des droits de vote. En avril 2025, l’enquête du Guardian, de Repórter Brasil et d’Unearthed, relayée par Greenpeace, évaluait à 6,4 milliards de dollars l’ensemble des passifs liés aux procédures pénales, civiles et autres. Le 10-Q en provisionne 444 millions. Entre les deux, la part des risques que JBS classe en pertes possibles et ne chiffre pas dans ce rapport.