Mars 2017. Les premières notifications d’États membres sur la présence de salmonelle dans la volaille brésilienne remontent à ce mois, selon les considérants du règlement d’exécution (UE) 2018/700 de la Commission européenne. Le 17 mars 2017, la police fédérale brésilienne lance l’opération Carne Fraca contre des inspecteurs corrompus et des viandes falsifiées, avec JBS et BRF parmi les entreprises visées. L’Union européenne demande une réunion d’urgence avec Brasília.
2018 : vingt établissements rayés des listes
Le 8 mai 2018, la Commission adopte le règlement 2018/700. Il retire vingt établissements brésiliens des listes autorisées à exporter vers l’Union : volaille, viandes hachées, préparations et produits à base de viande. Deux motifs. D’abord des non-conformités répétées et graves à la salmonelle depuis mars 2017, dont les mesures correctives brésiliennes n’ont pas démontré l’efficacité. Ensuite une fraude sur les certifications de laboratoire révélée en mars 2018, qui prive de garanties les établissements de BRF S.A. et SHB S.A. En juillet 2019, Repórter Brasil montrera que du poulet contaminé refusé par l’Europe était revendu sur le marché brésilien.
2025-2026 : hormones et antibiotiques
Novembre 2025. La Commission ordonne le retrait du commerce de détail et l’interdiction à la vente de lots de bœuf commercialisés par JBS, provenant de l’unité de Campo Grande, après des signalements de l’Italie, des Pays-Bas et de l’Espagne, rapporte Boulevard Voltaire le 1er septembre 2026. Le motif : la détection de progestérone, une hormone. Fin mai 2026, selon Reuters cité par le même média, Pékin suspend à son tour le bœuf d’un site JBS après détection de progestérone dans des lots contrôlés.
8 mai 2026. L’eurodéputée polonaise Jadwiga Wiśniewska (groupe ECR) dépose une question écrite citant la découverte de salmonelle dans 80 % des échantillons testés sur un lot de trois tonnes de volaille brésilienne. La Commission répond le 10 juillet.
12 mai 2026. Un comité d’experts des États membres vote à l’unanimité le retrait du Brésil de la liste des pays conformes aux règles européennes sur les antimicrobiens, selon Euronews. Le Brésil est le premier pays retiré de cette liste. En jeu : l’interdiction d’utiliser des antibiotiques comme activateurs de croissance et celle de traiter les animaux avec des molécules réservées à l’humain. « Les accords commerciaux ne changent pas nos règles », déclare la porte-parole Eva Hrnčířová. Le règlement d’exécution (UE) 2026/1189, signé le 4 juin 2026, fixe la liste, selon Suno Notícias.
3 septembre 2026. La suspension entre en vigueur pour les bovins, la volaille, les œufs, le miel, l’aquaculture, les équidés et les boyaux. La Commission indique n’avoir trouvé aucun lot contaminé : le Brésil ne peut pas documenter l’absence d’antibiotiques interdits sur toute la vie des animaux. Le 21 octobre, elle propose de réinscrire le Brésil pour la volaille et le miel, mais pas pour le bœuf.
Ce que ces alertes ont en commun
Les mesures de 2018 et de 2025 visaient des produits identifiés : des lots de volaille, des lots de bœuf. Celles de 2026 ne reposent sur aucun lot contaminé. Elles jugent le système de contrôle brésilien lui-même : certificats, laboratoires, registres vétérinaires. Que Choisir rappelle que l’Union avait organisé des sessions d’information pour ses partenaires commerciaux en janvier 2023, juin 2023 et mars 2024 avant d’appliquer la règle aux importations. Le Brésil disposait de plus de trois ans.