1 150 Brésiliens sont devenus Français en 2024, selon Eurostat, après 1 047 en 2023 et 1 194 en 2022. Le flux a presque doublé en quinze ans : il tournait autour de 600 à 700 par an entre 2008 et 2010. Ceux qui déposeront un dossier en 2026 affrontent des règles plus exigeantes qu’avant, issues de la loi du 26 janvier 2024 et de ses textes d’application.
Les conditions de la naturalisation par décret
Il faut avoir 18 ans (le dépôt est possible à 17), résider en France depuis cinq ans au moins, y avoir le centre de ses intérêts matériels et de ses liens familiaux, et disposer de revenus stables et suffisants pour son foyer fiscal. La durée est ramenée à deux ans pour les titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur français obtenu après deux années d’études, et supprimée pour certains profils, dont les personnes scolarisées cinq ans dans un établissement enseignant en français. Le casier doit être vierge de toute condamnation à six mois de prison ferme ou plus.
Deux exigences ont changé au 1er janvier 2026. Le niveau de français demandé passe à B2, à l’oral comme à l’écrit, prouvé par un diplôme (brevet, diplôme d’État de niveau 3 ou plus) ou par une attestation TCF ou TEF de moins de deux ans. Et un examen civique devient obligatoire : 40 questions à choix multiple en 45 minutes, 32 bonnes réponses requises, passé dans un centre agréé avant le dépôt et préparé avec les fiches de formation-civique.interieur.gouv.fr. Le dossier se dépose en ligne ; le timbre fiscal est de 255 euros. Si le dossier est recevable, un entretien en préfecture vérifie l’adhésion aux principes de la République et se conclut par la signature de la charte des droits et devoirs du citoyen français. L’administration dispose ensuite de 18 mois, ramenés à 12 mois après dix ans de résidence, prolongeables une fois de trois mois.
La voie du mariage
Le conjoint d’un Français peut acquérir la nationalité par déclaration après quatre ans de mariage, s’il vit en France sans interruption depuis le mariage ou y a résidé plus de trois ans. Sinon, le délai est de cinq ans, sauf inscription du conjoint français au registre consulaire pendant les années passées à l’étranger. La communauté de vie doit être continue, le mariage célébré au Brésil transcrit à l’état civil français, et le niveau B2 s’applique aussi. Le coût est identique, 255 euros, et le ministère a un an pour s’opposer à l’enregistrement.
Deux passeports, sans renoncer
Devenir Français n’oblige pas à cesser d’être Brésilien. Depuis l’amendement constitutionnel n° 131 du 3 octobre 2023, la Constitution brésilienne ne prévoit plus la perte de la nationalité pour acquisition volontaire d’une autre : elle n’intervient que sur demande expresse de l’intéressé, à condition de ne pas le rendre apatride, ou par annulation judiciaire d’une naturalisation frauduleuse. La France admet elle aussi la double nationalité. Le binational entre au Brésil avec son passeport brésilien, circule dans l’espace Schengen avec le français, vote aux deux présidentielles et reste soumis aux obligations des deux pays, service électoral brésilien compris. Dernier point, que rappelle la fiche officielle : la demande elle-même est gratuite hors timbre fiscal, et les officines qui promettent d’accélérer le dossier contre rémunération n’ont aucune prise sur les délais.