Le 25 octobre 2026, les bureaux de vote installés dans les consulats du Brésil à Paris, Marseille et Cayenne ont ouvert pour le second tour de la présidentielle. À l’échelle nationale, Luiz Inácio Lula da Silva a été réélu pour un quatrième mandat avec 51,74 % des voix, contre 48,25 % à Flávio Bolsonaro, sur un dépouillement couvrant 97,69 % des urnes, soit 62,6 millions de suffrages pour le président sortant. Au premier tour, le 4 octobre, Flávio Bolsonaro était arrivé en tête. Le Tribunal Superior Eleitoral (TSE) publie les résultats section par section sur son portail, sous la zone électorale « ZZ » réservée à l’étranger ; les bureaux français y figurent avec leurs chiffres de participation et de voix.
Comment fonctionne le vote à l’étranger
Un Brésilien installé en France ne vote que pour le président et le vice-président. Il doit pour cela avoir transféré son inscription électorale vers la zone « ZZ » au moins 151 jours avant le scrutin, via Título Net, avec présentation des originaux au consulat. Le vote est obligatoire de 18 à 70 ans, facultatif à 16 et 17 ans et après 70 ans. Un bureau ouvre dès que trente électeurs sont inscrits dans la circonscription consulaire ; une section supplémentaire s’ajoute au-delà de 800 électeurs. Celui qui n’a pas voté justifie son absence le jour même sur l’application e-Título ou dans les soixante jours suivant chaque tour. Trois absences consécutives non justifiées annulent l’inscription, et le passeport ne peut en principe être délivré sans preuve de vote, de justification ou de paiement de l’amende, sauf pour rentrer au Brésil.
Le Conseil des citoyens, seule tribune organisée
Entre deux présidentielles, l’expression collective passe par le Conselho de Cidadãos, instance consultative et bénévole constituée auprès de chaque consulat général. Ses membres, choisis parmi les Brésiliens résidents, relaient les difficultés de la communauté (délais consulaires, documents, situations de détresse) et appuient les actions du poste, comme les consulats itinérants en province. Le conseil n’a aucun pouvoir de décision. Il n’existe pas davantage de représentation parlementaire des Brésiliens de l’étranger : contrairement à la France, à l’Italie ou au Portugal, le Brésil n’a pas de députés élus par la diaspora. Des propositions d’amendement constitutionnel ont été déposées au Congrès en ce sens au fil des législatures ; aucune n’a été adoptée. Avec près de cinq millions de Brésiliens hors du pays, le sujet revient à chaque campagne sans franchir l’étape du vote.
Les scrutins français, fermés aux non-Européens
Un Brésilien titulaire d’une carte de séjour, même depuis vingt ans, ne vote à aucune élection française. La Constitution réserve le droit de vote aux municipales et aux européennes aux citoyens de l’Union européenne résidant en France, à condition de s’inscrire sur une liste électorale complémentaire en mairie ; les élections présidentielle, législatives, sénatoriales et régionales restent réservées aux Français. Les Brésiliens qui possèdent aussi une nationalité européenne, portugaise ou italienne par exemple, ont donc pu voter aux municipales de mars 2026 et voteront aux européennes, pas aux autres scrutins. Pour les binationaux franco-brésiliens, en revanche, toutes les élections sont ouvertes, dans les deux pays. C’est la voie que choisissent chaque année plus d’un millier de Brésiliens en demandant la nationalité française. Reste, pour tous, le droit commun de la vie civique : adhérer à un parti, manifester, siéger dans une association, saisir le Défenseur des droits. Exister politiquement en France sans en avoir le passeport reste possible. Voter, non.