3 novembre 2026

France

Primaire ou pas : Attal insiste, Philippe refuse et s’expose sur l’immigration

Édouard Philippe a écarté dimanche sur TF1 la « grande primaire des démocrates » proposée par Gabriel Attal, qui la juge « inéluctable ». Ses propos sur la « surreprésentation » de jeunes issus de l'immigration parmi les pilleurs ont déclenché une polémique.

Photo : Pixabay / ddzphoto

Dimanche 1er novembre, sur le plateau de TF1, Édouard Philippe a tranché : « Je ne crois pas que cette primaire aura lieu ». Le maire du Havre et candidat d’Horizons répondait à Gabriel Attal, qui avait proposé quatre jours plus tôt une « grande primaire des démocrates ». Pour lui, une telle compétition réunirait des « continuateurs du macronisme » et des candidats tendant la main à l’union des droites, comme David Lisnard, qui ne s’entendent pas : ce serait « une primaire de la division et une primaire de la confusion ». Il renvoie à février : « Au mois de février, chacun prendra ses responsabilités ». Lundi matin, sur la même chaîne, Gabriel Attal a maintenu sa ligne : « À la fin, je crois que cette primaire aura lieu. C’est inéluctable. » Le président de Renaissance ne se résout pas à un second tour entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon et se donne jusqu’au début de 2027.

Une famille politique sans chef

Édouard Philippe devance Gabriel Attal de quelques points dans les enquêtes, mais recule, et les sondages annoncent pour l’instant un second tour entre le Rassemblement national et La France insoumise. Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, plaide pour un « candidat unique » du centre et de la droite. Bruno Retailleau porte les couleurs des Républicains. David Lisnard, maire de Cannes et président de l’Association des maires de France, est candidat lui aussi, ce qui lui vaut une contestation interne avant le congrès des maires du 24 au 26 novembre : le socialiste Jean-François Debat affirme que « nous ne soutenons pas David Lisnard pour la présidence » de l’association, et Philippe Laurent, maire UDI de Sceaux, se présente contre lui. Gérald Darmanin soutient Édouard Philippe. Dominique de Villepin dit avoir dépassé 300 promesses de parrainage.

La polémique sur l’immigration

Dans Le Point la semaine précédente, puis sur TF1, Édouard Philippe a jugé « patente » la « surreprésentation » de jeunes issus de l’immigration parmi les pilleurs de commerces du week-end du 17 octobre, en citant Charles Péguy : « voir ce que l’on voit ». Lundi, sur X, il a appelé à « la rénovation de notre modèle d’intégration » et à un « combat déterminé » contre les discriminations. La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, qui le soutient, a estimé sur franceinfo qu’il « dit tout haut ce que beaucoup de Français pensent tout bas ». À gauche, Olivier Faure (PS) l’accuse de dériver « dans les eaux noires des préjugés racistes », Marine Tondelier (Écologistes) reproche à Maud Bregeon d’avoir repris une formule de Jean-Marie Le Pen et Jean-Luc Mélenchon parle de « clientélisme racialiste ». Dominique de Villepin a dénoncé un « basculement politique ». Le débat intervient dix jours après l’attentat raciste de Trappes.

Pour les Brésiliens de France

Le premier tour est fixé au 18 avril 2027. Les candidats du centre et de la droite s’adressent à un électorat qui demande de l’ordre et une intégration qui fonctionne, deux sujets qui concernent directement les 4,5 millions d’étrangers en situation régulière, dont les Brésiliens. Édouard Philippe promet de présenter ses propositions d’ici février : c’est là que l’on saura ce que la « rénovation du modèle d’intégration » signifie pour les titres de séjour, la naturalisation et l’apprentissage du français.