Lundi 2 novembre, 9h30. Le ministère de l’Éducation nationale recense 41 établissements bloqués sur quelque 3 700 lycées, soit un peu plus de 1 %. L’Union syndicale lycéenne (USL) en compte 150. Dans l’enseignement supérieur, environ 15 % des établissements ont connu des perturbations, selon le ministre Philippe Baptiste. À Marseille, sept lycées sur 75 étaient bloqués d’après des lycéens militants ; à Toulouse, l’AFP a constaté au moins sept blocages ; la préfecture du Rhône a relevé des attroupements devant 15 établissements. À Lyon, les CRS ont levé dans le calme le blocage du lycée Ampère et une personne a été interpellée en banlieue pour usage de mortier.
Six semaines de mobilisation
Le mouvement est né à la mi-septembre. L’intersyndicale (USL, Unef, Fage, Union étudiante) réclame 10 milliards d’euros pour l’éducation et l’enseignement supérieur, et l’abrogation de Parcoursup. Le 26 octobre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté sa réponse avec Édouard Geffray (Éducation nationale) et Philippe Baptiste (Enseignement supérieur) : remplacement progressif de Parcoursup pour la campagne 2028, annulation des suppressions de postes, création de 500 postes, plafond de 28 élèves par classe de seconde dès 2027 dans la moitié des lycées publics, jusqu’à 15 000 places supplémentaires dans le supérieur, un milliard d’euros pour les bâtiments universitaires et 3 000 enseignants remplaçants devant les élèves dès le 2 novembre. Les organisations ont parlé d’un « premier pas » et maintenu le mouvement.
Sur France Inter, Édouard Geffray a jugé les blocages « a priori assez résiduel », tout en alertant : des centaines de milliers d’élèves de terminale n’ont pas eu cours depuis quatre ou cinq semaines et l’année scolaire est « en risque ». Sur LCP, Philippe Baptiste a été plus direct : « le problème du blocage est qu’on est en train de mettre en l’air une partie significative de l’année universitaire ». Matignon se dit prêt à recevoir de nouveau les lycéens la semaine prochaine. Côté lycéens, Anton, 17 ans, au lycée Berthelot de Toulouse, résume à l’AFP : « Ce n’est pas deux annonces du gouvernement qui seront périmées dans quelques mois qui vont arrêter le mouvement. »
Mardi, jeudi, et après
L’Unef veut faire de mardi « une journée noire sur les universités ». En Île-de-France, le collectif Interfac voulait défiler du Panthéon au siège du Medef ; la préfecture de police a proposé un parcours en périphérie, refusé par le collectif, qui envisage de saisir le tribunal administratif. Jeudi 5 novembre, lycéens et étudiants rejoindront la journée de grève interprofessionnelle contre la vie chère. Chez les chefs d’établissement, Agnès Andersen (ID-FO) décrit un climat où « personne ne sait à quoi s’attendre, tout le monde est un peu sur le qui-vive ».
Pour les familles brésiliennes
Les élèves de terminale sont les plus exposés : le contrôle continu compte dans le baccalauréat et les semaines perdues ne seront pas toutes rattrapées. Pour ceux qui passeront par Parcoursup en 2027, les règles changent déjà : la lettre de motivation devient l’exception, chaque refus devra être expliqué et les critères d’examen seront publiés. Le plafond de 28 élèves ne concernera d’abord que la moitié des lycées publics, ceux qui accueillent les élèves les moins favorisés, avant d’être étendu à tous en 2028. En pratique, consulter chaque matin le site de l’établissement et l’espace numérique de travail reste le moyen le plus sûr de savoir si les cours ont lieu.