6 novembre 2026

Économie franco-brésilienne

La France, deuxième investisseur au Brésil : 1 400 filiales et 450 000 emplois

Le stock d'investissements français au Brésil atteint 69,3 milliards de dollars. Les échanges de biens ont reculé en 2025, mais les entreprises françaises promettent 100 milliards de reais d'ici 2030.

Photo : Pixabay / ikedaleo

69,3 milliards de dollars. C’est le stock d’investissements directs français au Brésil à la fin de 2024, selon les données de la Banque centrale brésilienne reprises par la direction générale du Trésor. Ce montant représente 8 % de l’ensemble des capitaux étrangers investis dans le pays. Selon le critère de l’investisseur immédiat, la France se classe au quatrième rang, derrière les États-Unis, les Pays-Bas et le Luxembourg. Selon le critère du contrôle final, qui remonte jusqu’à la maison mère, elle occupe la deuxième place. Près de 1 400 filiales d’entreprises françaises emploient environ 450 000 personnes au Brésil. Trente-huit des quarante groupes du CAC 40 y sont implantés.

Un commerce de biens qui s’érode

Le commerce bilatéral ne suit pas le même rythme. En 2025, les échanges de biens entre les deux pays ont atteint 7,6 milliards d’euros, en recul de 5,7 % sur un an, d’après les douanes françaises. Les exportations françaises ont baissé de 7,3 %, à 3,8 milliards d’euros. Les importations sont restées stables, à 3,8 milliards également. L’excédent français s’est réduit à 12,8 millions d’euros, contre 253 millions en 2024. La France vend au Brésil des avions et des composants aéronautiques, des produits chimiques, des parfums et cosmétiques, des machines et des médicaments. Elle achète des produits agroalimentaires, des minerais, des produits agricoles et de la pâte à papier. Vu de Brasília, le tableau est un peu différent : le ministère du Développement, de l’Industrie et du Commerce (MDIC) chiffre les importations brésiliennes en provenance de France à 7,2 milliards de dollars en 2025, contre 6,2 milliards en 2024. La France est le septième fournisseur du Brésil, avec 2,6 % de part de marché.

Cent milliards de reais promis en cinq ans

Le Brésil reste une destination recherchée. L’OCDE le classe troisième pays d’accueil des investissements étrangers en 2025, avec 77 milliards de dollars, derrière les États-Unis et la Chine. Lors de la visite d’État de Luiz Inácio Lula da Silva à Paris, en juin 2025, la première d’un chef d’État brésilien en treize ans, plus de vingt instruments de coopération ont été signés. Jorge Viana, président de l’agence Apex Brasil, a relayé une estimation transmise par Jean-Pierre Clamadieu, président du conseil d’administration d’Engie : les entreprises françaises prévoient d’investir 100 milliards de reais au Brésil en cinq ans. La Chambre de commerce France-Brésil (CCIFB) accompagne ce mouvement. Son président à São Paulo, Thierry Besse, a été reçu le 12 mai 2026 par la Confédération nationale de l’agriculture (CNA) pour parler de l’accord Union européenne-Mercosur. « O Brasil é um grande parceiro e precisamos nos relacionar melhor », a-t-il déclaré selon le compte rendu de la CNA. Business France accompagne environ 600 entreprises françaises par an depuis São Paulo et Rio de Janeiro. Un Forum France-Brésil est déjà programmé à Paris le 27 septembre 2027.

Ce que cela change pour les Brésiliens de France

La réélection de Lula le 25 octobre a secoué les marchés : l’indice Ibovespa a perdu 16,6 % en trois séances, selon la note du Trésor du 29 octobre, et le dollar a bondi d’environ 9 % face au real. Les groupes français installés depuis des décennies raisonnent sur un autre horizon. Pour un Brésilien vivant en France, ces 1 400 filiales sont autant d’employeurs potentiels qui cherchent des profils à l’aise dans les deux cultures, capables de parler aux équipes de Paris comme à celles de São Paulo. La double culture devient un argument de carrière, pas seulement une histoire personnelle.