4 novembre 2026

Dossier Bolsonaro Analyse

Un an de détention de Bolsonaro : chronologie et état de santé d’un condamné de 71 ans

Arrêté le 22 novembre 2025, Jair Bolsonaro purge sa peine à domicile depuis le 24 mars 2026. Le 31 octobre, son fils Carlos a décrit un homme amaigri, repris par ses crises de hoquet.

Photo : Pixabay / opollophotography

Le 22 novembre 2025, la Police fédérale arrête Jair Bolsonaro à son domicile de Brasília. La veille au soir, l’ancien président a endommagé son bracelet électronique avec un fer à souder. Il parlera ensuite d’une crise d’angoisse liée à un changement de médicaments. Trois jours plus tard, le 25 novembre, Alexandre de Moraes constate le caractère définitif de la condamnation à 27 ans et 3 mois prononcée par la Première Chambre du Tribunal suprême fédéral (STF). La peine commence là où il se trouve déjà : une salle d’environ 12 m² au siège de la Police fédérale.

De la Police fédérale à la Papudinha

Les premières semaines sont rythmées par les demandes de la défense, qui invoque le bruit, l’insalubrité et la santé du détenu. Le 1er janvier 2026, Moraes refuse une première conversion en prison domiciliaire. Le 15 janvier, il ordonne le transfert vers la « Papudinha », des salles d’état-major du 19e bataillon de la Police militaire, dans le complexe pénitentiaire de la Papuda. Le nouveau logement fait 64,83 m² : une chambre, un salon, une cuisine, une buanderie, une salle de bain avec eau chaude et un espace extérieur. Le juge autorise la remise de peine par la lecture et les visites religieuses, refuse la télévision connectée et ordonne une expertise médicale sous dix jours.

La bronchopneumonie qui change le régime

Le 13 mars 2026, Bolsonaro est transporté de nuit à l’hôpital DF Star après un malaise. Le diagnostic est une bronchopneumonie par aspiration, avec passage en soins intensifs. Le 24 mars, après sept demandes rejetées, Moraes accorde une prison domiciliaire humanitaire de 90 jours à compter de la sortie de l’hôpital, intervenue le 27 mars. Le Parquet général de la République (PGR) s’était dit favorable, sous réserve de réévaluations périodiques. Le juge retient dans sa décision « a excepcionalidade do quadro de saúde ». Les conditions sont strictes : bracelet électronique, visites limitées aux fils, aux avocats et aux médecins, interdiction de tout téléphone ou moyen de communication, y compris par l’intermédiaire de tiers. Toute violation entraîne le retour en régime fermé.

Le délai expire le 25 juin. Entre-temps, un pistolet a été saisi chez l’un de ses gardes du corps privés. La police civile du District fédéral n’a retenu aucune infraction contre l’ancien président. Le 3 juillet, Moraes maintient la prison domiciliaire, cette fois sans fixer de terme. Il relève l’absence de « qualquer falta grave » pendant la période écoulée. Il suspend néanmoins le permis de port d’arme de Bolsonaro et ordonne la remise à la Police fédérale, sous 48 heures, des dix armes enregistrées à son nom. La sécurité du domicile est confiée à la Police militaire du District fédéral.

Le récit de Carlos Bolsonaro

Depuis, le régime n’a pas changé. Le samedi 31 octobre 2026, Carlos Bolsonaro, élu sénateur de Santa Catarina le 4 octobre, passe deux heures avec son père. Il en ressort inquiet et le dit sur X. Les crises de hoquet, qui avaient déjà motivé une intervention chirurgicale, sont revenues. Il les relie au contexte psychologique : la défaite de Flávio au second tour, puis son départ pour les États-Unis. « Me assusta um pouquinho o crescimento da barriga dele, o emagrecimento, aquilo que eu sempre falei », écrit-il, cité par ND Mais. Il rapporte aussi une phrase rare dans la bouche de son père : « ele falou que está com muita saudade do Flávio, não é muito de falar isso ». Aucun bulletin médical officiel n’a été publié depuis cette visite. À 71 ans, Jair Bolsonaro reste inéligible jusqu’en 2030 et interdit de toute communication avec l’extérieur. Deux demandes de révision criminelle sont pendantes devant le STF, sans date de jugement.