Elle est arrivée à Paris en 1999 pour suivre des cours de français à la Sorbonne. Vingt-sept ans plus tard, Alessandra Montagne dirige deux adresses voisines sur la promenade Claude-Lévi-Strauss, au bord de la Seine dans le 13e arrondissement : Nosso, au numéro 22, et Tempero, au numéro 24. Le Guide Michelin France 2026 la présente comme « la cheffe brésilienne » qui est « tout sourire dans son nouveau restaurant contemporain ». Le chemin pour en arriver là ne ressemble à aucun cursus d’école hôtelière, et elle le raconte elle-même sur le site de son restaurant.
Une enfance de ferme près de Rio
Née à Rio de Janeiro, Alessandra Montagne-Gomes a été élevée chez ses grands-parents, maraîchers et producteurs de volaille. Elle décrit un monde où « rien n’était perdu et tout était transformé sur place ». Cette autosuffisance est devenue sa règle de cuisine : produits utilisés en entier, zéro gaspillage, producteurs connus par leur nom. Avant les fourneaux, elle a étudié les sciences de l’éducation et exercé comme institutrice au Brésil. En France, elle commence comme assistante de direction, puis cuisine pour des dîners à domicile. Vient la reconversion : l’école hôtelière Jean Drouant, un CAP de cuisine, un CAP de pâtisserie, puis les cuisines de Benoît Castel à La Grande Épicerie de Paris, de William Ledeuil et d’Adeline Grattard, trois noms qui comptent dans la gastronomie parisienne des années 2010.
Tempero, puis Nosso
En 2012, elle ouvre Tempero dans le 13e : une cuisine généreuse et accessible, à base de produits d’Île-de-France, sans gaspillage. Elle parle d’« une aventure de 8 ans ». Nosso a pris la suite dans un bâtiment de béton et de bois ouvert sur l’extérieur, avec Aurélien Gil-Artagnan, ancien chef sommelier de La Réserve, à la direction de salle et à la cave, Gustavo Galvao comme chef exécutif, Sandra Sfeir et Luís Morato comme chefs de partie. La carte du soir propose trois menus, Voyage à 72 euros, Solaire à 82 euros et Paris-Rio à 98 euros, et des assiettes à 18, 36 et 16 euros. Le déjeuner se joue entre 40 et 48 euros. Les fournisseurs sont affichés : Zone Sensible, Maison Biovor, Ah la Vache, Maison Montalet, Boulangerie Sain, Vinhop. Tempero, dont le site indique aujourd’hui le numéro 24 de la même promenade, annonce sa feijoada tous les vendredis. Le Guide Michelin voit chez Nosso « une cuisine de saison aux influences multiples, notamment brésiliennes », servie en menus dégustation le soir.
Ce que le Brésil apporte à l’assiette
La cuisine d’Alessandra Montagne n’est pas celle des churrascarias. Le Brésil y entre par la manière plus que par les recettes : la générosité, le produit entier, la feijoada du vendredi, et un menu Paris-Rio en sept séquences qui dit le programme dans son titre. La carte actuelle aligne une joue de bœuf confite servie avec une polenta au comté, une aubergine rôtie au miso et un poisson du jour au four. Elle revendique aussi un rôle de passeuse et explique accompagner « d’autres talents prêts à éclore ». Dans une diaspora où la restauration reste l’un des premiers métiers d’arrivée, son parcours, de l’école primaire de Rio au guide rouge, sert de référence. Nosso ouvre du lundi au vendredi au déjeuner, et du mercredi au vendredi le soir.