4 novembre 2026

France

Société Générale affiche un bénéfice record de 1,9 milliard d’euros au troisième trimestre

La banque dirigée par Slawomir Krupa a gagné 1 888 millions d'euros entre juillet et septembre, en hausse de près de 25 %. Le trading sur actions et la banque de détail en France portent le résultat.

Photo : Pixabay / msjime

Jeudi 29 octobre, 6 h 25. Société Générale publie un résultat net part du groupe de 1 888 millions d’euros pour le troisième trimestre 2026, contre 1 521 millions un an plus tôt. La hausse frôle les 25 %. Les analystes attendaient 1,65 milliard. Sur neuf mois, le bénéfice atteint 5 374 millions d’euros (+17,3 %) pour des revenus de 21,4 milliards. Le directeur général Slawomir Krupa parle d’un « résultat net part du Groupe record sur le trimestre, comme sur les neuf premiers mois de l’année ».

Les actions font la différence

Le produit net bancaire grimpe de 7,8 % à 7 173 millions d’euros. Le moteur se trouve dans la banque de grande clientèle : les activités Actions signent un trimestre record à 1 202 millions d’euros, en hausse de 45,9 %. La volatilité des marchés, liée à la guerre au Moyen-Orient et aux incertitudes politiques, profite aux salles de marché. Les activités Taux, Crédit et Change reculent en revanche de 20,6 %, à 474 millions.

La surprise vient de la banque de détail en France. Le pôle qui regroupe le réseau SG, la banque privée et l’assurance dégage un résultat de 682 millions d’euros, en progression de 55,4 %. Les revenus augmentent de 10,9 % et le coefficient d’exploitation du pôle tombe à 56,1 %, contre 65,7 % un an plus tôt. BoursoBank dépasse les 9,4 millions de clients après en avoir recruté 446 000 sur le trimestre. La filiale en ligne contribue à hauteur de 101 millions d’euros et vise plus de 300 millions sur l’année. Le point faible reste Ayvens, la filiale de location automobile, dont les revenus plongent de 12,2 % à cause de la baisse des prix des véhicules d’occasion.

Une rentabilité enfin au niveau des concurrents

La rentabilité des fonds propres tangibles (ROTE) atteint 13 % sur le trimestre, contre 10,7 % un an plus tôt, pour un objectif annuel d’environ 11 %. Le coefficient d’exploitation descend à 57,1 %. Le ratio de solvabilité CET1 s’établit à 13,4 %, environ 320 points de base au-dessus de l’exigence réglementaire. Le coût du risque reste contenu à 408 millions d’euros, soit 28 points de base. Un signal de vigilance tout de même : le taux brut d’encours douteux remonte légèrement à 2,75 %.

La banque a achevé son programme de rachat d’actions de 1,5 milliard d’euros le 30 septembre. Elle provisionne une distribution de 3,42 euros par action à fin septembre, acompte de 0,75 euro versé en octobre compris. Le plan stratégique présenté le 21 septembre prévoit de reverser 50 % du résultat et vise un ROTE de 13 à 14 % en 2029. Chez Jefferies, les analystes notent des résultats supérieurs de 16 % aux attentes et maintiennent leur conseil d’achat. Le titre avait clôturé mercredi à 61,95 euros. Il perd encore environ 10 % depuis janvier, loin de son plus haut de 84,82 euros.

Ce que cela change pour les Brésiliens de France

Société Générale pèse dans la vie quotidienne de la diaspora par ses deux marques : le réseau SG pour les comptes classiques et BoursoBank, la banque en ligne très utilisée par les jeunes actifs. Pour un travailleur brésilien, une banque française solide et bien capitalisée, c’est la garantie que l’accès au crédit immobilier ou à la consommation ne se refermera pas brutalement, même si les taux montent. Le résultat montre aussi une réalité : quand les banques françaises gagnent de l’argent sur les marchés plutôt que sur les marges de crédit, le client ordinaire n’en voit pas la couleur sur ses frais bancaires.